Question courantes

Délivrance et utilisation des produits

Délivrance et utilisation des produits

Ce(s) produit(s) demande(nt) quelques précautions d’emploi. En conséquence, avant toute commande, nous vous informons qu’il est nécessaire de nous faire parvenir par courriel et pièce jointe, à l’adresse suivante christian.vibert@gmail.com :

Soit un certificat d’appartenance à une association d’artistes peintres ;

2) Soit une attestation professionnelle (carte professionnelle, numéro de SIRET…).

Si tel n’est pas le cas, nous vous proposons d’adhérer à l’association ATP – Art et Techniques de la Peinture (voir ci-dessous).

Remarque : Un certain nombre d’artistes nous ont demandé s’il était possible d’essayer les produits une première fois avant de s’engager plus avant par une adhésion à l’association ATP. La réponse est affirmative.

——————————————————————————————————————————————————

L’association ATP – Art et Techniques de la Peinture

Si vous n’êtes ni membre d’une association de peintres, ni professionnel, nous vous proposons d’adhérer à l’association « ATP – Art et Techniques de la peinture ». Cette association d’artistes peintres, de type loi 1901, sans but lucratif, vise, en effet, l’étude, le conseil, l’enseignement, la formation professionnelle et le développement des techniques et procédés picturaux anciens et modernes. Elle s’attache à la production, à la promotion et à l’utilisation des matériaux picturaux historiques et contemporains.

Comme telle, le fait d’y adhérer vous permet de bénéficier de conseils et recommandations, donc d’avoir accès au(x) produit(s) concerné(s).

Par ailleurs, l’adhésion vous permettra, si vous le désirez :

  • d’avoir aussi accès aux cours de pratique picturale et aux stages techniques dès leur mise en place ;

  • à terme, de participer aux expositions et manifestations artistiques organisées par l’association ;

  • dans l’immédiat, et dès votre inscription, d’ouvrir un espace d’exposition personnel sur le site du Chevalet Blanc, sous les rubriques « Témoignages » ou/et « Galerie d’Art« .

Pour adhérer à l’association ATP, veuillez remplir le formulaire ci-dessous :

Votre nom :

Votre prénom :

Votre date de naissance :

Adresse postale :

Adresse e-mail :

Site internet (éventuel) :

Profession :

Date :

Veuillez également régler le montant de la cotisation annuelle, soit 12 €.

  • Soit par paiement Paypal :

  • Soit par chèque à l’ordre de « Christian VIBERT, président de l’ATP », à l’adresse suivante :

Christian VIBERT
ATP – Art et Techniques de la Peinture
3, impasse de la Vierge
27800 BRIONNE
FRANCE

Une carte de l’association vous sera alors retournée par mail avec un numéro d’adhérent et une date d’adhésion.

Lors d’une prochaine connexion, vos coordonnées courantes (NOM, Prénom, adresse postale, adresse mail et numéro d’adhérent) vous permettront d’avoir accès aux différentes prestations de l’association.

Cordialement,

Le président de l’association ATP – Art et Techniques de la Peinture :

Christian VIBERT


Est-il possible d'essayer les produits avant d'adhérer à l'association ATP ?

Cette question revient régulièrement depuis que, poussé par la législation, nous avons décidé de limiter l’accès des produits du Chevalet Blanc. Cette demande est totalement légitime. Nous avons donc décidé d’y répondre par l’affirmative. A charge, pour le nouvel utilisateur, de régulariser sa situation lors d’une seconde commande.


Les anciens utilisateurs non professionnels et ne faisant partie d'aucune association artistique peuvent-ils continuer à acheter les produits du Chevalet Blanc ?

Cette question nous a été posée un certain nombre de fois. Si l’on se réfère aux conditions justifiant l’accès aux produits, à savoir disposer d’une information précise sur les précautions à prendre quant à leur utilisation, il n’y a pas de raison d’en refuser l’accès aux anciens utilisateurs. Tous, en effet, ont eu connaissance, grâce aux modes d’emploi et à l’information échangée par mail, des mesures d’hygiène à mettre en place lors de l’usage de ces produits. La réponse est donc, sans problème, affirmative.

Ceci étant, nous ne rechignons pas à accueillir chaleureusement ces anciens utilisateurs au sein de l’association « ATP – Art et Techniques de la Peinture », vu la qualité des liens noués au fil des nombreux mails échangés depuis maintenant quatre années. Par ailleurs, nous espérons voir de plus en plus leurs œuvres exposées sur le site du Chevalet Blanc !

Port et envoi des produits

Remarques importantes concernant le port et l’envoi des produits

Colis du Chevalet Blanc prêts à poster.
Colis du Chevalet Blanc prêts à poster.

Le montant du port concerne les envois à destination de la France métropolitaine y compris la Corse. Pour les commandes depuis l’étranger, nous vous prions d’envoyer au préalable un e-mail à christian.vibert@gmail.com

Un nouveau service de port économique est disponible aussi bien en France qu’à l’international.

Pour des raisons d’économie de papier et de poids, donc de coût de port, le mode d’emploi et le supplément concernant le dosage des produits vous sera désormais envoyé par courriel. N’oubliez pas de nous en faire parvenir l’adresse. Merci !

Remarque : Si vous ne disposez pas d’une adresse courriel, faites-nous le savoir. Nous vous enverrons ce mode d’emploi sous forme papier.

Important : Il est arrivé récemment que quelques colis soient parvenus détériorés malgré les précautions que nous prenons à l’emballage. Si tel était le cas, nous vous prions de les refuser et de déposer une réclamation auprès de La Poste. Nous procéderons à un nouvel envoi. Merci à vous.


FRANCE : Livraison économique en points relais

Colis du Chevalet Blanc prêts à poster.
Colis du Chevalet Blanc prêts à poster.

Nous sommes conscient que le coût du port fait partie des frais dont, aussi bien comme vendeur que comme acheteur, on souhaiterait pouvoir se dispenser. Aussi, si être livré en point relais plutôt qu’à domicile ne vous dérange pas, nous pouvons vous proposer un nouveau service de livraison économique. Vous pouvez récupérer vos commandes du Chevalet Blanc aux points Mondial Relay.

Ce service est disponible actuellement :

  • en France (Corse comprise) avec plus de 4300 points de livraison ;
  • en Belgique ;
  • au Luxembourg ;
  • en Espagne ;
  • en Italie ;
  • en Allemagne ;
  • en Autriche;
  • au Portugal ;
  • au Royaume-Uni.

Les tarifs de cette entreprise de messagerie sont extrêmement concurrentiels, bien en-deçà des tarifs postaux habituels, en particulier à l’international (prix quasiment divisés par trois !) et pour les colis lourds. Les délais d’expédition sont raisonnables, de l’ordre de trois jours ouvrés.

Pour ce faire :

  • Connectez-vous sur le site Mondial Relay :  http://www.mondialrelay.fr/ et recherchez le point de livraison le plus proche de chez vous ;
  • Indiquez-nous par courriel à christian.vibert@gmail.com le nom et l’adresse du point relais vous concernant ;
  • Précisez bien le contenu de votre commande ;
  • Votre adresse et votre numéro de téléphone.

A réception :

  • Nous vous renverrons un courriel vous précisant le montant de votre commande, y compris le port ;
  • Actuellement, le paiement ne pourra être effectué que par chèque à :

Christian VIBERT
Le Chevalet Blanc
3, impasse de la Vierge
27800 BRIONNE
FRANCE

    • ou par virement bancaire.
    • Après votre accord, nous nous chargerons d’effectuer les démarches d’envoi.


INTERNATIONAL : Livraison économique en points relais

Colis du Chevalet Blanc prêts à poster.
Colis du Chevalet Blanc prêts à poster.

Le montant du port est un obstacle certain à l’exportation. Pour l’international, il est bien souvent prohibitif. Cependant, suite aux demandes réitérées d’un certain nombre d’artistes de pays limitrophes de la France, le Chevalet Blanc décide d’effectuer une première poussée à l’international.

Notre offre concerne actuellement :

  • en Belgique ;
  • au Luxembourg ;
  • en Espagne ;
  • en Italie ;
  • en Allemagne ;
  • en Autriche;
  • au Portugal ;
  • au Royaume-Uni.

En effet, si être livré en point relais plutôt qu’à domicile ne vous dérange pas, nous pouvons vous proposer un nouveau service de livraison économique. Vous pouvez récupérer vos commandes provenant du Chevalet Blanc aux points Mondial Relay.

Les tarifs de cette entreprise de messagerie sont extrêmement concurrentiels, bien en-deçà des tarifs postaux habituels (prix quasiment divisés par trois !). Les délais d’expédition sont raisonnables, de l’ordre de trois jours ouvrés.

Pour ce faire :

  • Connectez-vous sur le site Mondial Relay :  http://www.mondialrelay.fr/ et recherchez le point de livraison le plus proche de chez vous ;
  • Indiquez-nous par courriel à christian.vibert@gmail.com le nom et l’adresse du point relais vous concernant ;
  • Précisez bien le contenu de votre commande ;
  • Votre adresse et votre numéro de téléphone.

A réception :

  • Nous vous renverrons un courriel vous précisant le montant de votre commande, y compris le port ;
  • Actuellement, le paiement ne pourra être effectué que par chèque à :

Christian VIBERT
Le Chevalet Blanc
3, impasse de la Vierge
27800 BRIONNE
FRANCE

    • ou par virement bancaire.
    • Après votre accord, nous nous chargerons d’effectuer les démarches d’envoi.

La Galerie

Exposer sur le site de du Chevalet Blanc

Fonctionnant en parallèle de l’association « ATP – Art et Techniques de la Peinture », « Le Chevalet Blanc » et son site Internet en partagent la même philosophie. Certes, les réalités économiques et les contraintes financières existent : il est nécessaire que l’auto-entreprise fasse quelques bénéfices si elle désire poursuivre son fonctionnement et permettre à tous les peintres qui nous font confiance de se procurer des produits traditionnels devenus quasi introuvables sur le marché français et européen. Or, le fonctionnement artisanal maintes fois évoqué sur ce site est une réalité. Si, par exemple, une entreprise telle Lefranc et Bourgeois est capable d’entuber de manière totalement automatisée plusieurs centaines de litres de peinture par jour, nous en sommes bien loin ! Ce travail est effectivement réalisé manuellement. Cependant, nous nous réjouissons de pouvoir, au fur et à mesure, moderniser nos équipements techniques. Ainsi, nous disposons maintenant d’un jeu de précieux agitateurs magnétiques chauffants à régulation thermique dans le liquide lui-même. Ces appareils, onéreux mais performants, nous permettent de contrôler finement la température de cuisson des huiles et vernis.

Cependant, nous connaissons les aléas de la vie d’artiste pour les partager quotidiennement depuis maintenant une quarantaine d’années. Vivre de la peinture est, certes, exaltant mais, pour parler familièrement, et tous me comprendront, c’est aussi, très souvent, une galère ! C’est entre autres pourquoi nous avons décidé de lancer l’association ATP. Aider les artistes à montrer leurs œuvres fait partie des objectifs qu’elle poursuit. Ainsi, l’association bénéficie de son partenariat avec l’auto-entreprise « Le Chevalet Blanc » et profite de son site pour exposer les artistes qui le souhaitent.

Deux possibilités se présentent donc à toi, ami peintre, graphiste ou dessinateur :

  • Si tu utilises régulièrement les produits du Chevalet Blanc et souhaite montrer tout à la fois ton travail et aider à leur promotion, ce qui contribue à pérenniser leur production, c’est avec mes sincères remerciements pour ta contribution que je t’invite à exposer dans la partie « Témoignages ». Une page personnelle te sera ouverte où tu pourras présenter quelques travaux accompagnés, éventuellement, de détails en gros plans et de textes afin de mieux faire comprendre la spécificité de ton travail. Sache que les visiteurs de ce site sont, pour la plupart, passionnés par les techniques picturales. Nos échanges quotidiens avec eux, sur Internet, nous ont convaincus de cette réalité. N’hésite donc pas à t’exprimer sur ce point. Cependant, si rédiger un texte te paraît un travail fastidieux, je me mets à ton service pour y participer. Ecrire fait, en effet, partie de mes activités favorites.

  • Si, par contre pratiquant une activité artistique de manière totalement autonome, tu souhaites tout simplement te faire connaître au travers d’un site qui bénéficie d’une audience croissante, une page personnelle peut aussi t’être attribuée dans la section « Galerie d’Art ». Tu peux, quasi gracieusement, te présenter en tant qu’artiste et y montrer ton travail. Si tu le souhaites, tu as encore la possibilité d’y laisser tes coordonnées ou un lien vers ton site personnel. Une seule condition : adhérer à l’association ATP.

Dans les deux cas, c’est avec joie et plaisir que le site du Chevalet Blanc t’ouvre ses pages !

Remarque pratique : Que ce soit pour exposer dans les parties « Témoignages » ou « Galerie d’Art », nous vous prions de nous faire parvenir vos images sous forme de fichiers « .jpg » et de taille suffisamment grande pour que la définition soit correcte. Si nécessaire, nous les réduirons lors de la mise en page. N’oubliez pas les légendes à insérer sous les images. Merci à vous.

Les Produits

Avec quel produit est-il possible de vernir un travail avancé avec un médium flamand du Chevalet Blanc ?

Cette question revient très régulièrement.

La question des vernis est complexe. Elle a toujours été un casse-tête pour les peintres, et, malgré les recherches récentes en chimie organique, elle le reste. Aucun vernis n’est encore totalement satisfaisant. On est encore obligé de faire des compromis.

Si l’on choisit de travailler au médium flamand, a priori, c’est que l’on apprécie la profondeur, la transparence et le brillant. Tout vernis brillant peut donc être utilisé pour achever une telle peinture.

Vernis à la résine synthétique Un vernis maigre à la résine acrylique ne jaunira pas, restera souple mais, si donc on a fait le choix de peindre brillant, ne restituera pas la profondeur des glacis. Un vernis maigre à la résine cétonique aura un aspect plus agréable, mais aura quand même tendance à jaunir, malgré les dires des fabricants concernés. Le meilleur compromis, peut-être ? Un mélange acrylique/cétonique, comme il en existe dans le commerce, éventuellement à diluer légèrement au pétrole à peindre, car ces vernis sont souvent très concentrés.

Vernis à la résine naturelle ? Si l’on souhaite un fini à l’ancienne, le choix d’un vernis de ce type s’impose. Son aspect visuel est plus doux, moins clinquant, entre autres parce qu’il va se satiner au bout de quelques mois. Par ailleurs, un vernis synthétique a souvent un rendu quelque peu plastifié. Sur ce point, il faut en particulier éviter les vernis acryliques. Le mieux, encore maintenant, est un vernis maigre dammar, nettement moins cher que le vernis mastic et moins jaunissant, mais peu souple. On peut le plastifier en y ajoutant 2% d’huile de ricin, mais pas plus. Cette huile ne jaunit pas, mais ne sèche pas non plus. En très petite quantité, elle améliore donc la souplesse du vernis, mais il ne faut pas en abuser, sinon le vernis demeurera poisseux. Le vernis mastic peut aussi être utilisé mais, en tant que vernis final, n’a pas vraiment d’avantage sur un vernis dammar.

Dans tous les cas, il est conseillé de faire des essais préalables sur des fragments d’œuvres sans valeur, et d’attendre un peu afin d’avoir une meilleure idée du résultat qui va advenir.

Dernier point, bien connu, mais impératif : suivant l’épaisseur de la peinture, en particulier si l’on use d’empâtements, il faut attendre entre six mois et un an avant de procéder au vernissage final. Ne pas respecter ce délai peut amener une redilution des zones les plus fragiles, en particulier des glacis, une accentuation du jaunissement, voire l’apparition de craquelures prématurées. Enfin, le vernis s’enfonçant très profondément dans la couche picturale encore molle en profondeur rendra un dévernissage ultérieur totalement impossible.


Quel liant utiliser pour broyer mes pigments à l'huile ?

Question récurrente et à laquelle nous sommes confrontés, surtout depuis que le Chevalet Blanc a enrichi sa gamme de médiums et émulsions avec celle des liants de broyage. En effet, les peintres sont de plus en plus nombreux à revenir à la pratique traditionnelle qui consistait à broyer soi-même ses pigments. Nous nous en réjouissons.

Pour peindre à l’huile, le liant, c’est de l’huile ! C’est une évidence, non ? Certes, mais il y a huile et huile… Et il est aussi possible de broyer à l’émulsion, en particulier les blancs. Voir pour ce procédé la page Le broyage des blancs à l’émulsion, qui permet de pousser la technique mixte jusque dans ses ultimes développements.

Concernant l’huile, il faut déjà s’intéresser à sa nature : lin, œillette, carthame, noix ? Ce choix premier est essentiel tant sur le plan de la vitesse de siccativation de la pâte pigmentaire obtenue que sur celui de sa durabilité, mais aussi de son onctuosité et de son jaunissement.
Le deuxième point à considérer est sa qualité. Huile de première pression à froid ou huile extraite à chaud ?
Troisième aspect incontournable : sa méthode de  préparation. Huile crue et naturelle, sans aucune préparation ? Huile crue, mais traitée artisanalement, ou industriellement ? Huile cuite ? Mais comment ? Huile cuite seule et à quelle température ? Huile cuite en présence d’additifs ? Lesquels ? Les huiles résultantes ont acquis des caractéristiques bien différentes. Lesquelles choisir pour broyer des pigments ?
Et, autre aspect encore : quels pigments vont être broyés avec ces huiles ? En effet, ils ont chacun leurs caractéristiques propres qui influent sur les qualités de la pâte pigmentaire : pouvoir couvrant, onctuosité, siccativité, résistance à la lumière et, bien entendu, coloration.

Tous ces paramètres sont à considérer et font du broyage des pigments une science complexe mise en œuvre par quelques grosses entreprises qui absorbent l’essentiel du marché destiné, en priorité, pour une question de volume de production, et donc de coût, à la peinture amateur ; mais aussi par plusieurs petites maisons qui travaillent à maintenir une production très spécifique et, souvent, de très grande qualité, plus spécifiquement tournée vers la peinture professionnelle. Il demeure que, quelle que soit la taille de ces entreprises, plus aucune ne travaillent ses pigments manuellement. Le coût de la main d’œuvre en est devenu trop important. Celles qui continuent à annoncer « Couleurs préparées à la main » ne font plus, au maximum, que coller les étiquettes et emballer leurs produits de cette manière !

Le broyage manuelle, à la molette et sur la pierre à broyer, offre une qualité de pâte bien différente et inimitable ; celle même dont disposaient les Maîtres ! ; souvent moins fine – ce qui n’est pas nécessairement un défaut – mais respectant les caractéristiques intrinsèques de chacun des pigments et, surtout, l’usage qui en était fait. Il n’est pas utile, par exemple, de broyer aussi finement une ocre ou un blanc destinés à être empâtés qu’une laque prévue pour être posée en glacis.

Comment donc se situer dans ce maquis ? Nous ne pouvons, ici, que poser quelques jalons.

Concernant la nature même de l’huile, comme nous l’expliquons dans cette page, l’œillette, malgré sa réputation de faible jaunissement n’est pas le meilleur choix. Séchant extrêmement lentement et, surtout, jamais à fond, elle donne, en conséquence, un film final de piètre qualité. Elle n’est donc guère à recommander, sauf, peut-être, pour les blancs et les bleus qui ne souffrent pas le virage au jaune. Et encore : dans la catégorie des huiles à séchage lent et de faible jaunissement, l’huile de carthame est nettement préférable. En tout état de cause, il sera nécessaire d’employer des pigments siccativant très bien par eux-mêmes ou de siccativer légèrement ces huiles si l’on décide de les utiliser.

Le lin fait partie des huiles historiquement les plus employées. Séchant vite, il fournit un film résistant et durable. Son inconvénient bien connu est, sauf traitement approprié, son jaunissement qui peut être vu comme nettement dérangeant, précisément pour les bleus et les blancs. Pour les terres, par contre, et, plus généralement pour toutes les teintes chaudes, il serait dommage de se priver de cette huile traditionnellement fort appréciée.

L’huile de noix est certainement le choix le plus consensuel concernant une huile destinée au broyage des pigments. Séchant un peu moins vite que celle de lin, mais sans comparaison possible avec une huile d’œillette ou de carthame, jaunissant aussi un peu, mais nettement moins que celle de lin, offrant un film final moins dur que cette dernière, mais plus souple, elle représente un très bon compromis. D’où son regain de faveur auprès des peintres avertis, depuis maintenant quelques dizaines d’années.

Évoquons la qualité de l’huile. Pour pouvoir atteindre la concentration pigmentaire maximum, caractéristique importante pour une pâte au sortir du tube, car il est toujours plus facile de lui ajouter un peu de liant durant le travail pictural lui-même que d’y incorporer de nouveau des pigments, il est impératif que l’huile de broyage soit bien fluide. Broyer une pâte avec une huile polymérisée, par exemple, indépendamment même des qualités intrinsèques d’une telle huile, est une gageure ! Or, plus une huile est chauffée longtemps et à haute température, plus elle épaissit. La préférence donnée, pour le broyage, à une huile crue et obtenue par première pression à froid est donc évidente.

A savoir, cependant, que maintes huiles industrielles, même pressées à chaud, présentent effectivement une très – trop – grande fluidité. Celle-ci est le résultat d’un ensemble de traitements, souvent fort brutaux, qui leur font perdre toute siccativité et leur ôtent une grande part de leur onctuosité naturelle. Comparant ainsi les huiles traitées artisanalement de manière douce et celles obtenues par des moyens industriels, nous entrons dans les méthodes même de préparation des huiles. Si donc une huile crue et obtenue à froid est éminemment souhaitable, il reste qu’elle ne peut être employée telle qu’au sortir de la presse. Même filtrée et décantée, opérations effectuées en général par le « Maître artisan huilier », l’huile contient encore une part de mucilage qu’il est absolument indispensable d’éliminer, au risque que les pâtes qui seraient broyées avec une huile non correctement démucilaginée subissent un jaunissement irréversible.

Huile de noix crue, de première pression à froid, et démucilaginée de manière douce : telle est, à notre avis, le meilleur choix. Cependant, nous rétorquent certains, l’huile cuite présente de telles qualités qu’il est quand même dommage de les ignorer. La remarque est pertinente. Nous pouvons y répondre de deux manières. Malgré la nécessité d’utiliser une huile bien fluide pour broyer les pigments, il est possible de bénéficier des qualités des huiles cuites :

  • Soit en broyant à l’huile crue, profitant ainsi de sa fluidité, tout en introduisant l’huile cuite par l’intermédiaire d’un médium contenant lui-même une huile cuite, à forte dose, durant la séance picturale elle-même. On différencie ainsi nettement le liant de broyage et le liant additionnel. L’huile cuite pourra donc être introduite par le biais du médium, et en quantité variable selon les effets attendus ; 

  • Soit en broyant avec une huile crue, mais légèrement additivée au préalable d’un peu d’huile cuite. Nous en donnons les proportions dans le document d’accompagnement concernant la présentation en flacons des médiums gras flamands et médium Maroger, ainsi que dans le mode d’emploi des huiles de lin cuites. Le liant obtenu sera dès l’abord plus riche par lui-même, mais son mode d’utilisation sera aussi plus neutre. Quels que soient les pigments et leur utilisation, la quantité d’huile cuite présente dans la pâte sera globalement identique. A savoir que l’introduction d’une huile cuite en présence d’une petite quantité d’oxydes métalliques apportera en sus un surcroît de siccativité et, si l’on choisit bien les additifs, d’une siccativation menée dans la profondeur de la couche picturale, gage de séchage harmonieux, sans embus ni craquelures.

De même, il est tout à fait possible d’employer de concert les deux méthodes énoncées.

Concernant, enfin, le choix des pigments, celui-ci est, bien évidemment, guidé par les colorations attendues. Cependant, tout peintre un peu au fait des matériaux qu’il utilise sait expliquer pourquoi les fabricants présentent une telle gamme de couleurs qu’ils nous donnent souvent à choisir entre des nuances qui peuvent paraître si proches. Par exemple, chez Blockx, on aura à choisir entre un rouge « sulfo séléniure de cadmium » PO20, et un rouge « dicéto pyrrolo pyrrole » PO73, tous deux de nuance rouge orangé. Une première réponse est à trouver dans le rapport opacité/transparence des pigments. Même deux pigments proches par leur coloration ne donneront pas nécessairement le même résultat à l’emploi. L’un exprimera mieux sa personnalité dans une demi-pâte, l’autre à travers un glacis. Cependant, concernant le choix des huiles de broyage, le critère pertinent n’est pas celui-ci. Il est, par contre, tout à fait judicieux de se pencher sur la capacité de certains pigments à accélérer par eux-mêmes la siccativation de l’huile, quand d’autres la ralentissent. Ainsi, nouvel exemple, broyer une laque de garance, pigment résolument anti-siccatif, avec une huile d’œillette, présente-t-il les meilleures garanties pour obtenir tôt ou tard des embus et craquelures ! A l’inverse, broyer un bleu de cobalt, extrêmement siccatif par lui-même, avec une huile de lin est sans intérêt, sauf à engendrer un grisaillement quasi inévitable du bleu. Là encore, posséder un minimum de connaissances des matériaux est-il indispensable.


Peindre à la manière de Rubens ?

Bonjour,
Je viens juste de découvrir votre site. Je fabrique ma peinture moi-même.

Christian VIBERT : Bravo ! Vous renouez ainsi avec la tradition artisanale de ce métier, ce qui est le meilleur moyen de progresser dans sa maîtrise.

J’aime beaucoup P. P. Rubens et j’aimerais me rapprocher de sa technique. Jusqu’à présent, j’ai eu quelques résultats en broyant ma peinture à l’huile de noix cuite avec un peu d’huile de lin épaissie au soleil, mais ce n’est pas parfait.

C. V. : L’huile cuite n’est pas la plus adaptée au broyage des pigments, du moins pas employée de manière exclusive. Une huile de broyage doit être relativement fluide, de manière à obtenir une pâte de concentration pigmentaire élevée. Par contre, pour la composition des médiums, une huile cuite peut être fort intéressante. Elle amène richesse, onctuosité, rapidité de séchage, durabilité et, comparativement, moindre jaunissement qu’une huile crue.

J’apprécie le discours de Jean-Baptiste Oudry de 1752. Il a été l’élève de Nicolas de Largillière, une référence certaine en peinture flamande. Je me demande pourquoi Jean-Baptiste Oudry recommande, surtout pour les glacis finaux, de ne pas trop utiliser d’huile grasse (huile noire) et, de préférence, d’utiliser des couleurs naturellement transparentes comme les laques. Je cite Oudry : « On doit être très circonspect dans l’emploi de ces petits glacis, surtout dans les parties claires, par la raison que ces glacis, lorsqu’ils sont donnés avec des couleurs qui ont du corps, font presque toujours un effet lourd et cendreux, et jaunissent inévitablement, parce qu’on ne peut manquer d’y faire entrer l’huile grasse, ainsi que je l’ai déjà observé. »

C. V. : Abuser de l’huile, qu’elle soit cuite ou crue, amène fatalement un jaunissement des couleurs. L’effet est, bien évidemment, surtout sensible dans les blancs et les bleus. D’où le conseil d’Oudry d’éviter les reprises intempestives, les glacis à l’huile, surtout dans les clairs. Par ailleurs, il donne la préférence à la reprise dans un vernis plutôt qu’à l’huile seule (voir son texte sur les reprises après séchage). Un vernis à retoucher basé sur un médium correctement composé et généreusement dilué permet précisément de bien doser le rapport huile/résine, donc d’éviter l’excès d’huile, favorisera la stabilité des reprises, leur adhérence avec les couches précédentes et, enfin, un meilleur fondu, le tout sans jaunir de manière significative.

Il n’en est pas de même pour les glacis qu’on donne avec de la laque, de l’outremer, du stil de gain ou autres couleurs transparentes, soit pour augmenter l’éclat de certaines draperies ou pour en rehausser le ton (…). L’emploi en est plus sûr (…).

C. V. : Concernant le choix des pigments pour composer les glacis, il est de notoriété publique que les couleurs transparentes leur sont favorables, puisque le principe même du glacis est de poser une couche généralement transparente, ou au moins translucide, sur un dessous a priori opaque. Ceci étant, glacer avec des couleurs même opaques, mais posées en couches suffisamment minces et à l’aide d’un médium adapté, permet d’obtenir des effets d’opalescence tout à fait intéressants. Par contre, la couleur doit être bien broyée pour ne pas laisser de grains inesthétiques, en particulier dans les ombres, là où les épaisseurs se doivent d’être réduites au minimum.

Mes questions : pourquoi, alors, le secret de Rubens serait-il dans un médium à l’huile noire résineuse en considérant ce qui est écrit ci-dessus ?

C. V. : Il faut être clair : l’idée que le médium de Rubens serait à rapprocher d’un médium appelé « Maroger » vient de cet auteur lui-même et de ses recherches, dans les années 1930-1950. Comme tout chercheur, il a été abondamment critiqué, que cela soit à tort ou à raison. Or, jusqu’à présent, personne n’a pu prouver de manière irréfutable que cette hypothèse fût véridique ou non. A part de rares textes, dont je cite entre autres un extrait ici, on a peu de traces écrites sur le sujet. Il reste que, si l’on prend la peine de quitter le discours pour se saisir de brosses et comparer tous les produits connus ou actuellement disponibles, ce sont les médiums composés à partir d’huile cuite et de résine mastic qui, à ma connaissance, permettent le mieux d’approcher la matière et la manière de Rubens.

Maintenant, bien évidemment, posséder un matériau ne remplace ni le talent, ni, a fortiori, le génie. Or, la formation que les peintres recevaient à l’époque dépasse infiniment ce qu’elle est généralement devenue. C’est aussi cela qui fait obstacle, de nos jours, à l’éclosion d’un talent analogue.

Par ailleurs, le médium seul ne fait pas l’œuvre. Il faut considérer les autres composants matériels : supports, encollages, enduits, pigments ; les outils utilisés et, bien évidemment, leur mise en œuvre et les principes plastiques qui président à l’organisation même de l’œuvre. Ces derniers sont très certainement prépondérants dans le but poursuivi. Bref, ne fait pas du Rubens qui le veut… Le contraire se saurait !

Ma plus grande peur, en utilisant le médium Maroger, est le jaunissement à long terme.

C. V. : Tous les médiums, comme toutes les huiles, sont plus ou moins sujets au jaunissement, même l’huile d’œillette réputée pourtant ne pas le subir. Quelle attitude adopter face à ce fait ? Ne plus peindre à l’huile ? Les tempéras, certes, ne jaunissent pas. Mais permettent-elles ce que l’huile offre ? Ce serait renoncer aux techniques picturales qui ont fait l’éclosion des chefs-d’œuvre de la Renaissance et du Baroque. Adopter l’acrylique ? Beaucoup de contemporains ont fait ce choix. A mon sens, elle ne permet pas d’approcher la beauté, le moelleux, la profondeur, la variété d’exécution de l’huile.

Maintenant, il y a huile et huile, médium et médium. Pour commencer, je pense qu’il ne faut surtout pas sacrifier la solidité à l’absence de jaunissement. Pour parler clairement, choisir, par exemple, l’œillette pour sa pâleur et rejeter le lin pour son jaunissement est, j’en suis convaincu, une erreur. L’œillette ne sèche jamais à fond et son choix comme huile de broyage de l’ensemble des pigments a été l’une des erreurs majeures de la peinture au tournant des XIXème et XXème siècles. Les œuvres des Impressionnistes et des Modernes en paient actuellement le prix.

M’appuyant sur Paillot de Montabert, peintre de la fin du XVIIIème-début du XIXème siècle, je dirais qu’il vaut bien mieux travailler avec une huile dès l’abord colorée, par exemple une huile cuite, mais qui tendra à éclaircir, que de partir avec une huile pâle qui ira sans cesse en jaunissant. Au moins, on sait à quoi s’en tenir et on pourra composer, en connaissance de cause, avec cette coloration.

En effet, l’essai peut en être fait à tout moment, même une huile de lin, à la condition impérative qu’elle ait été correctement démucilaginée, si on la cuit en présence, par exemple de litharge, va beaucoup foncer mais, plus elle sera exposée à la lumière, plus elle ira s’éclaircissant. En effet, elle est devenue photosensible. Ce processus se poursuivra donc durant la siccativation de la peinture elle-même pour peu qu’on prenne la précaution d’exposer l’œuvre à la lumière, même diffuse, par exemple d’une fenêtre orientée au nord.

Est-ce possible, avec vos produits, que la peinture jaunisse ?

C. V. : Oui, comme je viens de le dire. Maintenant, parmi les médiums jaunissant le moins, ceux que j’appelle « gras à la manière flamande » sont à privilégier, car ils sont composés à partir d’une huile cuite à haute température, ce qui minimise considérablement cette caractéristique.

Lequel de vos médiums pourrais-je utiliser pour imiter Rubens ?

C. V. : Les médiums que je viens de nommer : « gras à la manière flamande » sont, à mon sens, les plus adaptés. Vous bénéficiez d’un produit combinant huile et résine de manière équilibrée, thixotrope, séchant rapidement sans craqueler ni friser, de belle transparence, permettant tout à la fois le travail des pâtes et demi-pâtes que celui des glacis. La version moyenne, par exemple, vous permettra de profiter tout à la fois d’une bonne onctuosité tout en pouvant aussi obtenir des effets de matière intéressants. Cependant, le choix d’un blanc adapté est essentiel. Seul un véritable blanc de plomb vous offrira une matière permettant d’espérer approcher la pâte des Anciens.

Sur votre site, vous dites qu’il est possible de broyer directement le blanc avec votre émulsion. Comment puis-je procéder ? Est-ce que faire mon blanc par émulsion pourrait m’aider à imiter Rubens ?

C. V. : Broyer le blanc à l’émulsion permet de pousser la technique mixte au maximum de ses possibilités, de différencier parfaitement l’ombre et la lumière, ce qui est précisément l’un des aspects majeurs de la peinture depuis le XVème jusqu’à la fin du XIXème siècle. L’expérience vaut d’être tentée. Vous découvrirez une matière totalement nouvelle, à laquelle peu de peintres, depuis le XVIIIème siècle, ont eu accès. Je suis persuadé que les premiers flamands ont usé de ce procédé, mais que son usage a perduré bien longtemps. La peinture de Rembrandt, par exemple, ne peut se concevoir sans le recours à une émulsion. Maintenant, ajoutait-il son émulsion dans ses couleurs broyées à l’huile, ou broyait-il, entre autres son blanc, directement à l’émulsion ? La question reste posée.

Concernant plus précisément Rubens, usait-il d’une émulsion ? Je veux le croire, mais ne peux vous l’affirmer. Par contre, à cette époque, le blanc de plomb était broyé préalablement à l’eau (flushing process), d’où sa présence résiduelle dans les pâtes même broyées à l’huile. La consistance des blancs en était considérablement modifiée, d’où aussi leur aspect inimitable sans le recours à un procédé à l’émulsion.

Merci de vos réponses.

ATP- Art et Technique de la Peinture

Les stages ?

C’est fait ! Le premier stage est lancé.

Pour en avoir une première idée.

Pour le survol du programme.

Pour des renseignements plus complets.

Merci et bonne peinture dans la joie d’un travail plus facile et parfaitement durable !

Vous êtes utilisateur des produits du Chevalet Blanc et vous souhaitez laisser un message. N’hésitez pas à vous rendre sur le Forum. Merci à vous.

De même, si vous souhaitez un complément d’information, adressez-nous un mail. Nous nous ferons un plaisir de vous répondre très rapidement.

vibert-banniere-atelier-des-fontaines.gif

 CopyrightFrance.com